Histoire

Une histoire riche et mouvementée

Avant de devenir l’aliment universel que nous connaissons tous, la pomme de terre a connu un parcours plein de rebondissements… De ses origines à nos jours, voici les étapes et anecdotes marquantes qui ont rythmé son histoire.

De la Cordillère
des Andes à l’Europe

L'histoire des pommes de terre a commencé il y a environ 8 000 ans sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes, où elles poussaient à l'état sauvage. Les Incas, qui les appelaient "papas", les ont cultivées dès le XIIIe siècle.

De la Cordillère
des Andes à l’Europe

L'histoire des pommes de terre a commencé il y a environ 8 000 ans sur les hauts plateaux de la Cordillère des Andes, où elles poussaient à l'état sauvage. Les Incas, qui les appelaient "papas", les ont cultivées dès le XIIIe siècle.

La pomme de terre a traversé
l’Atlantique au 16ème siècle,

avec les conquistadors espagnols
de retour des Amériques.

Introduite d’abord en Espagne sous le nom de “patata”, elle se diffuse timidement vers l'Italie et les États pontificaux qui la prénomme “taratouffli” (petite truffe), puis vers le sud de la France et l'Allemagne. C'est à Saint-Alban d'Ay, en Ardèche, que la plante produisant les tubercules de pommes de terre, aujourd'hui encore appelés "Truffoles" (du patois "las Trifòlas") aurait été cultivée pour la première fois en Europe, vers 1540.

Elle fait une seconde entrée en Europe au milieu du 16ème siècle: l'aventurier Raleigh la fait entrer en Angleterre. C'est d'ailleurs de ce pays qu'elle partira coloniser l'Amérique du Nord. Elle est ensuite introduite en France dès le début du 16ème siècle, au sud par Olivier de Serres, sous le nom de "cartoufle", et à l'est, par Charles de l'Escluze.

Elle s'implante assez rapidement à partir de 1618 dans la plupart des pays d'Europe, grâce, si l'on peut dire, à la guerre de Trente Ans. Mais elle est longtemps boudée en France, et réservée à l'alimentation des animaux.

Antoine-Augustin Parmentier, le promoteur de la pomme de terre

Ce n'est qu'au 18ème siècle, grâce à la ténacité et l'ingéniosité d'Antoine-Augustin Parmentier, pharmacien aux armées, que ses qualités sont enfin reconnues. Lors de sa captivité en Prusse, Parmentier a pu apprécier les vertus nutritives de la pomme de terre. Il les recommande donc pour résoudre le problème des famines endémiques qui ravagent encore la France à cette époque. Il va plus loin encore en plantant des champs de pommes de terre aux alentours de Paris et en obtenant du roi qu'ils soient gardés le jour seulement par des soldats. La nuit, convaincus de la valeur des précieux tubercules, les habitants les dérobent et en assurent ainsi la publicité.

Le couronnement de l'action promotionnelle de Parmentier est le dîner qu'il offre au roi et à la reine en 1785 et au cours duquel ne sont servis que des plats comportant des pommes de terre.

Son implantation ne cesse de progresser en France et en Europe, puis dans le monde entier. Son importance est devenue telle, qu'en Irlande vers 1850, une attaque de mildiou provoque la famine et la mort d'un million de personnes puis l'émigration en Amérique d'un million d'autres.

› Découvrez le rôle qu'a joué M. Parmentier dans l'histoire de la pomme de terre en France, en vidéo

Surprenante de diversité

Dès son arrivée en Europe, la pomme de terre surprend par la diversité de ses formes et de ses couleurs. Les variétés rouges sont les premières à entrer par l'Espagne, tandis que les jaunes arrivent par l'Angleterre. Les botanistes travaillent à leur amélioration et leur nombre se multiplie rapidement.

Parmentier en cite une quarantaine en 1777 et en 1846, un premier catalogue en recense 177. C'est Henry de Vilmorin qui procède le premier à leur classification dans la seconde moitié du 19ème siècle. Il retient trois catégories, selon leur forme : les Patraques, sphériques, les Parmentières, ovoïdes, et les Vitelottes, cylindriques ! Il y ajoute rapidement des critères de germes et de fleurs. En 1881, son célèbre catalogue répertorie 630 variétés..

À la conquête de toutes les tables

Pendant longtemps, les pommes de terre sont consommées bouillies ou rôties. La première recette connue est allemande et date pourtant de 1581 : c'est à peu près celle des röstis actuels et plusieurs modes de préparation plus savoureux sont cités à Liège au cours du 17ème siècle.

En 1865, le "Grand dictionnaire de cuisine" d'Alexandre Dumas présente 15 recettes de pommes de terre. Dès le 19ème siècle, la pomme de terre a gagné : elle est sur toutes les tables, des plus populaires aux plus bourgeoises, et dans les meilleurs restaurants. Elles ne les quitteront plus, renouvelant sans cesse leur présentation et leur préparation. Sa production passe de 1,5 million de tonnes en 1803 à 11,8 millions en 1865. Elle augmente progressivement jusqu'à atteindre plus de 16 millions de tonnes à la fin des années 30.

Après la guerre, une production record est atteinte en 1960, avec environ 14 millions de tonnes récoltées sur 840 000 hectares, avant de décliner régulièrement, à 7 millions de tonnes pour 320 000 ha en 1970 et 5,5 millions de tonnes et 190 000 ha en 1980, malgré le développement des produits industriels. Les surfaces ont continué à diminuer fortement dans les années 2000 mais les rendements se sont améliorés en parallèle. La production est aujourd'hui de 5 à 6 millions de tonnes selon les années, sur 145 000 hectares.